Le banquier E. Gaillard

Repré­sentant à Paris de la banque fami­liale gre­no­bloise, Émile Gaillard était aussi un col­lec­tionneur, pas­sionné par l’art des XVe et XVIe siècles. L’élève favori de Chopin, qui a composé pour lui. Un homme qui aimait recevoir et donna, pour l’inauguration de son hôtel, en 1885, une des plus belles fêtes de Paris.

 

Le constructeur de l’Hôtel Gaillard, bâtiment dans lequel s’installera la Cité de l’Economie et de la Monnaie, était un per­sonnage hors du commun.

Issu d’une famille gre­no­bloise de grands bour­geois, Émile Gaillard était le petit-​​fils de Théodore François Gaillard, fon­dateur d’une maison de Banque dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, et le fils de Théodore Eugène Gaillard, maire de Gre­noble (de 1858 à 1865).

Emille Gaillard - Portrait

Repré­sentant à Paris de la banque fami­liale, Émile Gaillard a côtoyé les grands ban­quiers de son époque (Pereire, par exemple). Ses acti­vités ban­caires étaient éclec­tiques : par­ti­ci­pation au finan­cement des chemins de fer, gestion des biens du comte de Chambord, contrat avec Victor Hugo, pour ne citer que quelques exemples.

Émile Gaillard avait des goûts artis­tiques très déve­loppés. Élève de Chopin dans sa jeu­nesse, il était, selon plu­sieurs sources, son meilleur élève. Chopin lui dédia une mazurka. Lui-​​même a composé plu­sieurs mor­ceaux de musique pour piano.

Surtout, pas­sionné par l’art du Moyen Age et de la Renais­sance, il a constitué, au cours des ans, une col­lection consi­dé­rable de mobilier, objets déco­ratifs, tapis­series et autres œuvres d’art de cette période. Son habi­tation de la rue Daru devenant trop exigüe pour la contenir, il décida, en 1878, d’acheter un terrain dans la plaine Monceau, alors en pleine période de construction. L’édification d’un hôtel par­ti­culier s’inspirant, notamment, de l’architecture de l’aile Louis XII du château de Blois, lui permit d’abriter sa col­lection dans un cadre tota­lement adapté.

L’inauguration de son hôtel, en 1885, fut marquée par une grande soirée, relatée par la presse de l’époque, au cours de laquelle la famille Gaillard reçut ses hôtes habillée en costume d’époque Henri II. Le tem­pé­rament d’Émile Gaillard l’inclinait tou­tefois à une cer­taine dis­crétion et il n’ouvrait, par ailleurs, son hôtel qu’à quelques intimes et ama­teurs d’art éclairés.

Avec son épouse, Amélie Vassal, il eut cinq enfants (trois filles et deux fils). Il mourut en 1902.

Après son décès, la banque Gaillard a été vendue au Crédit Lyonnais par ses héri­tiers et la plus grande partie de sa col­lection dis­persée. Une grande vente aux enchères fut orga­nisée à cet effet, en juin 1904. Quant à l’hôtel, mis en vente éga­lement en 1904, il ne trouva un acquéreur qu’en 1919, avec son achat par la Banque de France pour en faire une succursale.

2 commentaires (par les internautes)

  • Le banquier E. Gaillard
    26 mai 2011 14:16, par Laurence de Gonneville

    Le Gou­verneur Laf­fitte, Emile Gaillard, Albert Kahn : 3 por­traits que l’on pourrait croiser pour illustrer l’idée qu’une réussite indi­vi­duelle dans la banque n’est pas anti­no­mique d’une ouverture sur le monde…

  • Le banquier E. Gaillard
    17 août 2012 15:35, par Guy Pierrisnard

    Cette érudition révèle un passage par les meilleures universités !

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Chopin - Mazurka « À Émile Gaillard »

Des­tinée à ne rester peut-​​être qu’un manuscrit dédicacé en sou­venir , elle est néan­moins publiée vers 1841 (Émile Gaillard était élève et devint ami de Chopin , il tenait le Maître en très grande estime) , cette œuvre se voit même attribuer le numéro d’opus 43 par erreur car la Taren­telle portait déjà ce numéro. Cette mazurka restera à la pos­térité avec son titre anec­do­tique , c’est à dire le nom de son dédi­ca­taire : Mazurka « à Émile Gaillard ». Toute empreinte de nos­talgie cette mazurka avec une belle section en octaves se termine sur un long trille de façon très ori­ginale. (Source : Pianart)

Mazurka, en la mineur, pour piano « Émile Gaillard » Op.Posth. No.2 - Chris Breemer

(Source : Piano Society)

PDF - 543.7 ko
Mazurkas en la mineur - Partition - « Notre temps » - « A Émile Gaillard »

(Source : Can­torion)

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